Aikido - L'art martial pacifique

"Le progrès vient à ceux qui s'entrainent et s'entraînent. Le recours à des techniques secrètes ne vous amènera nulle part". Morihei Ueshiba Apprendre encore plus
Les Origines de l’Aikido

L’Aïkido, à priori connu comme un Art Martial contemporain car son fondateur O Sensei a vécu jusqu’en 1969, plonge en fait ses racines dans le Japon Féodale. L’origine vient plus précisément l’Aikijutsu.
C’est entre 800 et 850 après J-C que le prince Taijun, 6ème fils de l’Empreur Seiwa, jeta les bases de cet Art. Sa transmission s’est faite ensuite de génération en génération au sein de la famille Minamoto. A partir de 1574, Takeda Kunitsuga, qui enseignait dans la province du Kai, introduisit ses techniques à Aizu. L’Art fut ainsi transmis sous le nom de Aizu Todome Waza.
Ce qui allait donc devenir par la suite l’Aïkido par la force de travail, le sacrifice et le dévouement d’un homme: Ueshiba, est d’abord un Art secret réservé aux Samourais de la famille Takeda dont la réputation de guerrier était reconnue sur toute l’archipel.
L’Art ne commença à émerger en dehors du clan qu’avec l’ère Meiji à partir de 1868, et le fameux Takeda Sokaku Sensei, qui sera le professeur du futur O Sensei.
Takeda Sokaku Sensei par ses nombreux voyages au japon, portant toujours les sabres malgré l’interdiction faite désormais à la classe des bushi d’arborer ce qui constituait leur Ame en personne, continua à tester la redoutable efficacité de son Art.

O Sensei : le père de l’Aikido

1883 est marqué par la naissance d’O Sensei, le 14 décembre à Tanabe sur l’île de Honshu de Morihei, fils de Ueshiba Yoroku et Yuki. Enfant fragile, il est encouragé par ses parents à la pratique de la natation et du Sumo.

O Sensei, s’éteint le 26 avril 1969 à Iwama léguant au monde sa création et l’héritage de tous les Maîtres qui l’avait précédé sur le chemin avec ce principe comme devise et objectif : la paix entre les hommes
Le Maître UESHIBA quant à lui répétait souvent cette parole qu’il convient de méditer profondément : « Je suis UN avec l’Univers,et je ne suis rien d’autre. Si quelqu’un s’oppose à moi, Il s’oppose à l’univers lui-même »

AIKIDO : Union du corps et de l’esprit

En Occident, nous sommes les enfants du Cartésianisme. Nous cultivons l’intelligence, mais notre corps est malade. Il est la proie de blocages, de tensions. Ainsi, nous comprenons beaucoup de choses avec notre esprit, nous approuvons ou élaborons de très belles théories, mais lorsqu’il faut mettre en actes ces paroles, c’est moins évident… Les bibliothèques sont remplies de livres que l’on vénère et qui renferment de nobles pensées philosophiques, mais ces livres dorment. Sur le terrain, les hommes se haïssent et se tuent : il y a opposition entre le corps et l’esprit.
La pratique de l’AIKIDO permet de réconcilier le corps et l’esprit. Le débutant s’inscrit souvent dans un cours pour apprendre à se défendre. Son professeur lui dit alors que, dans un premier temps, l’ennemi à vaincre n’est pas à l’extérieur, mais en lui. La seule compétition en AIKIDO est contre soi-même.
Il faut d’abord trouver son équilibre, unir corps et esprit. Le débutant prend d’ailleurs rapidement conscience de ce dualisme : en effet, il voit les mouvements que montre son professeur, il les comprend, mais son corps est incapable de les effectuer. Il se sait inefficace et en souffre.

Première étape

La première étape consiste donc à débloquer son corps, à éliminer tensions et blocages. Peu à peu le corps, soutenu par la pensée, se meut, le mouvement naît, mais l’intellect est toujours présent. Les mouvements sont encore gauches, heurtés.

Deuxième étape

La deuxième étape consiste, par la répétition inlassable des mêmes techniques, à faire en sorte que l’esprit décroche. Le mouvement devient plus pur, moins heurté. Le pratiquant a rendu son corps intelligent. Le geste est spontané. L’esprit est calme, serein, disponible. L’efficacité apparaît mais paradoxalement elle n’intéresse plus l’AIKIDOKA qui se sent plus sûr de lui et donc a moins de choses à prouver. Il est maître de sa technique. Il est passé du stade de la compréhension au stade de la sensation. Le MAITRE ne dit-il pas « Sentir est plus fort que comprendre » ?

Troisième étape

Dans la troisième étape, le réveil du corps permet à l’esprit d’être plus libre. Le corps n’est plus une entrave, mais un tremplin pour l’esprit. Le corps et l’esprit se soutiennent mutuellement et progressent ensemble. L’AIKIDOKA ressent par son corps que ses gestes, son comportement physique ont un prolongement spirituel. La pratique de l’esquive, l’art de canaliser les énergies sans les bloquer, le fait d’être physiquement disponible, réceptif, lui font découvrir une philosophie de paix, de non-violence, d’altruisme.
Les mots que le débutant entend, apprécie et comprend avec sa tête, sont ressentis au plus profond de son être. Il n’y a plus, à ce stade, décalage entre le corps et l’esprit. Ils font « UN ». L’AIKIDOKA est devenu un homme total. Du fait de la transformation qui s’est effectuée en lui, il découvre une autre manière de voir les choses, un art de vivre différent.
Mais il découvre aussi que pour lui, l’AIKIDO commence…

Mais Que signifie être UN avec l’univers ?

Les physiciens disent que l’univers est composé de matière, de chaleur et d’énergie, qui se résolvent en éléments, en ondes, en forces. Mais il y a un aspect de l’univers qu’il ne faut pas négliger, sans quoi, nous n’en aurions qu’une idée imparfaite. L’univers, aussi bien l’infiniment grand que l’infiniment petit, est organisé, structuré ; il se meut selon un ordre, et c’est pour cela que les savants peuvent découvrir des « lois » physiques, des « lois » thermo-dynamiques, c’est-à-dire des constantes créatrices d’ordre et d’harmonie.
Les milliards de galaxies qui circulent dans notre univers, comme les milliards de particules qui constituent le moindre caillou se meuvent à des vitesses inimaginables et dans un désordre apparent. Mais en réalité, si elles n’étaient pas « ordonnées », de telles énergies engendreraient le chaos, alors qu’au contraire elles créent cette beauté, que nous admirons quand nous contemplons un ciel étoilé aussi bien que la moindre fleur, le regard d’un enfant comme l’immensité de l’océan.
De ce point de vue, l’homme est aussi un univers, dont les composants ne sont pas nécessairement ni toujours en ordre, mais dont l’ensemble est vie, sensibilité, intelligence, autrement dit : un chef-d’œuvre d’organisation et d’unité.

 

” Je suis une partie de l’univers,
Minuscule, certes,
Mais univers tout de même ;
Immense comme l’autre,
Profond comme l’autre,
Insondable comme l’autre.
Immergé dans l’univers
Et pourtant capable de l’embrasser tout entier.
Je suis en lui,
Il est en moi.
Nous ne faisons qu’UN
Je suis fait de la même matière que lui.
Comme lui, et parce que je suis lui,
J’émets des ondes, des énergies.
Je puise ma vie dans l’air qu’il me donne.
Je tire ma joie de la lumière qu’il m’envoie.
Je prends force dans les énergies qu’il rayonne.
Seulement, peu d’hommes savent cela.
Peu nombreux ceux qui en prennent conscience.
Et pourtant, tous, nous sommes cela ;
Tous, nous sommes dans l’univers,
Tous et chacun, nous sommes l’univers.

Il est notre père commun.
En lui nous sommes tous frères.
Quand je monte sur le tatami,
Quand je salue mon adversaire,
C’est un frère que je salue.
Nous sommes l’un et l’autre dans le même univers.
Nous sommes l’un et l’autre le même univers.
L’énergie de l’un est l’énergie de l’autre.
Le Ki au centre de moi,
Le ki au centre de lui,
C’est la même énergie, la même vie.
Blesser l’autre serait me blesser.
Tuer l’autre serait me tuer.
S’il ne sait pas encore qu’il est mon frère,
Il m’appartient de le lui apprendre.
Si la haine, l’ambition, le désir de vaincre
L’animent encore,
Il m’appartient de lui montrer,
Calmement, mais invinciblement,
Que nos forces ne peuvent nous opposer
Puisqu’elles sont la même énergie.”

L’Aïkido est sans doute une technique, qu’on ne maîtrise vraiment que par une pratique assidue et vigilante, mais il est surtout la prise de conscience progressive de la présence en nous de cette énergie universelle qu’on appelle le Ki.
La pratique fervente de l’Aïkido est le moyen le plus efficace de prendre conscience de la présence, au plus profond de moi-même, de cette énergie cosmique. Dans une telle pratique, mon corps lui-même m’enseigne et m’instruit. Avec la simplicité de son naturel, dans la spontanéité même de ses réflexes, le corps me met en contact vécu avec cette énergie, qui est la source, le sens et la fin de mon existence. Le corps me fait participer à cette dynamique prodigieuse qui fait tourbillonner les mondes et les atomes, mais dans un ballet réglé, ordonné, harmonieux.
Dans cette communion avec l’énergie universelle, je découvre la force qui est en moi en même temps que ma totale dépendance par rapport à elle. C’est ce que signifie la parole du Maître UESHIBA : « Je suis UN avec l’univers » c’est-à-dire : j’ai sa puissance, je suis cette énergie ; « et je ne suis rien d’autre », car c’est elle qui me fait, qui m’engendre, elle est ma vie, elle est mon être, sans elle je ne suis rien.
La pratique de l’Aïkido rend évidente la nécessité de consentir à notre dépendance : on ne s’oppose pas à l’énergie universelle ; une telle opposition nous serait fatale. Elle serait stupide, car c’est au contraire par l’adhésion totale et volontaire à cette énergie qu’on la fait sienne.

Dans la fréquentation quotidienne de cette énergie, j’apprends d’elle à me donner, comme elle se donne à moi, généreusement, sans réticence, sans attendre de retour, de façon désintéressée. J’apprends à me dépasser moi-même en me découvrant dans les autres.
J’apprends aussi que la loi, la règle, l’ordre, qui gouvernent l’univers, sont la loi, la règle et l’ordre de ma propre vie, que je ne peux construire ma vie qu’en me soumettant joyeusement à leur rigueur, source de beauté, condition de l’harmonie universelle.
J’apprends aussi, dans le jeu libre et plaisant de mon corps, à mieux ressentir la souffrance de ceux qui sont privés de cette liberté, frustrés de ce plaisir, de ceux qui sont privés de toute liberté, de ceux qui sont frustrés de tout plaisir.
Alors naît la compassion.
L’Aïkido, c’est aussi cela : faire mienne la souffrance des hommes, des femmes, des enfants surtout, car eux aussi font partie de l’univers, de mon univers. Ils font partie de moi. C’est dans la mesure où je suis plus intimement proche de la source de l’énergie cosmique présente en moi, que je puis rayonner cette énergie et apporter à ceux qui souffrent réconfort, courage, espérance.
La pratique sérieuse de l’Aïkido réalise ce prodige de me faire comprendre à travers les mouvements de mon corps ce que d’autres peinent à concevoir par l’esprit, à savoir que pour exister, pour vivre, pour devenir un homme, pour être un homme, il faut s’ouvrir à l’immensité d’un amour universel.

AÏKIDO est amour

Oui, il faut le redire, AÏKIDO est amour. C’est une vérité qui a éclairé et embelli ma vie. J’essaye de la traduire en termes humains, pour qu’elle parle aux hommes du monde entier.
Elle est contenue dans ces trois syllabes : AÏ-KI-DO.
Pour faire comprendre cela, je fais appel A la plus haute activité de l’esprit, A l’intelligence de l’homme.
Savez-vous ce que c’est qu’aimer ?
C’est se dépasser dans le don généreux de soi, Pour le bien des autres, Pour se reconnaître soi-même dans les autres.
Savez-vous ce qu’il faut faire Pour atteindre la plénitude de la vie ?
C’est se consacrer au bonheur des autres, Nos frères, avec qui nous ne faisons qu’un. Savez-vous comment réaliser L’unité et l’harmonie entre les hommes Et donner à chacun la plénitude de sa perfection ?
C’est en pratiquant l’AÏKIDO.

Les neufs principes de l’Aikido

N’ayez jamais un cœur pervers.
Entraînez-vous non par la pensée mais par la pratique.
Familiarisez-vous avec une grande variété d’arts et de techniques et ne vous focalisez pas sur l’un deux.
Apprenez à connaître non seulement vos propres techniques mais aussi celles de beaucoup d’autres.
Découvrez rationnellement ce qui est un avantage et ce qui peut se révéler un désavantage.
Développer votre intuition pour juger des choses.
Percevez l’essence qui ne saurait être vue en surface.
Prêtez attention même au plus petit des phénomènes (tout suit son propre cours et quelques fois nous obtenons des résultats inattendus.).
Ne faite rien en vain car l’énergie et le temps qui nous sont impartis nous sont comptés.

Les dix défauts à surmonter

L’insolence.
L’excès de confiance.
La rapacité.
La colère.
La peur.
Le doute.
La méfiance.
L’hésitation.
Le mépris.
La prétention.